Cinquante façons de manger

son amant

OGRE N°36 – Amelia Gray

Amelia Gray

Cinquante façons de manger son amant

 

Traduit par Nathalie Bru
jeudi 22 octobre 2020
Taille : 140/185 – 216p. – 19€
ISBN : 978-2-37756-078-3

Une femme rampe dans les canalisations d’une maison silencieuse. Une intervention chirurgicale met au jour un objet d’adoration. Un reptile carnivore divise et cautérise une ville. Dans Cinquante façons de manger son amant, Amelia Gray explore une nouvelle fois l’incroyable cabinet de curiosités qui lui sert d’imaginaire, et nous propose des histoires qui semblent vibrer d’une vie bien à elles, animée par une humanité et un sens de l’humour hors du commun. Ces nouvelles sont des joyaux d’humour noir et d’imagination, qui rappelleront au lecteur à quel point le monde que nous habitons est à la fois étrange, cruel et magnifique.

 

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Amelia Gray repousse les limites de ce que les humains peuvent et veulent faire. Elle semble en permanence tester le lecteur. Tu es prêt à m’accompagner jusqu’ici ? Et là, un tout petit peu plus loin ? Tu joues encore ? – Ramona Ausubel, The New York Times Book Review

 

LA PRESSE EN PARLE

 

« Les contes cruels de l'autrice et scénariste Amelia Gray », par Yann Perreau, Les Inrockuptibles, 5 octobre 2020 : Une écriture au scalpel, ultra-précise bien qu’elliptique, ouverte aux interprétations multiples. Un récit qui prend rapidement la tangente, se déploie en boucles hypnotiques, emmène au bord du vide.

 

« Cinquante conseils d'Amelia Gray », par Antonin Iommi-Amunategui, Libération, 9 octobre 2020 : Avec ses faux airs de The Twilight Zone (la série en noir et blanc de Rod Serling) et son humour grinçant comme un coup de soleil vert, le livre d’Amelia Gray, (…) vend littéralement du rêve par papier interposé : c’est généreux, brillant et bizarre simultanément, drôlement noir souvent.Lire plus

 

LES LIBRAIRES AUSSI 

 

Mi-Livre Mi-Raisin, le salon du livre et des vins d’auteurs.rices (Paris) : Cinquante façons de manger son amant, d'Amelia Gray (Les Editions de l'Ogre), recueil de nouvelles noires, moirées de folie douce et d'un humour plus noir encore, par une Amelia Gray qui prend un plaisir diabolique à nous attirer – nous engloutir – dans son univers étrange (qui n'est pas sans rappeler, parfois, la fameuse série des 60's The Twilight Zone ; elle n'est pas scénariste de séries pour rien). De gré ou de force, on succombera à l'une ou l'autre de ses cinquante dimensions…

 

EXTRAIT

 

Le tête-à-tête

 

La femme et l’homme dînent en tête à tête pour la première fois. Un dîner en tête à tête ! La femme essuie une trace de rouge à lèvres sur son verre d’eau. L’homme fait tourner son couteau à beurre dans sa main encore et encore et encore et encore. Tous les deux ont envie d’aller aux toilettes. Pourquoi est-ce toujours comme ça pendant les dîners en tête à tête ? L’homme s’excuse. Restée seule à la table, la femme se gratte l’avant-bras un peu trop fort et arrache un lambeau de peau avec son ongle. Elle essaie de le replacer mais n’y parvient pas, même en plaquant la main dessus. Il s’enroule sur lui-même comme la pelure d’un crayon. La femme est consternée. Au retour de l’homme, elle glisse les mains sur ses genoux. Il tire sa chaise et s’assoit lourdement. Posant les yeux sur lui, la femme refrène alors un éclat de rire, la main sur sa bouche. L’homme doit s’être lavé trop énergiquement le visage au lavabo, car son œil gauche et sa pommette semblent disjoints. Des bouts de serviette en papier sont collés sur sa joue. Il s’est effacé le visage ! Voyant l’hilarité de la femme, il se renfrogne et l’observe d’un regard noir, jusqu’à ce qu’elle lui révèle le lambeau de peau sur son bras ; il se met alors à rire avec elle. 



Se munissant de son couteau à beurre, il se gratte la peau pour assortir leurs avant-bras, pendant qu’elle tire sur sa pommette pour y sculpter un angle net. Il saisit son pouce et le tord de toutes ses forces. Le doigt se détache avec un bruit sec et, d’un grand geste du bras, il le jette vers la cuisine. La femme se dénude les seins et, d’une pichenette, envoie voler comme des mouches un jour d’été ses tétons qui tombent par terre. Posant par mégarde le talon dessus, un serveur glisse et s’étale de tout son long sur le carrelage.Lire plus