Capitale songe

OGRE N°34 – Lucien Raphmaj

Lucien Raphmaj

Capitale Songe

 

jeudi 20 août 2020
Taille : 140/185 – 320p. – 20€
ISBN : 978-2-37756-083-7

Imaginez un monde dans lequel le sommeil a disparu, dans lequel les rêves sont devenus une ressource à exploiter. Sur l’île de Capitale S, alors que l’enquête portant sur cette disparition du sommeil nous entraîne dans les bas-fonds d’un monde dystopique, l’insomnie a franchi un nouveau stade, la révolte gronde, et une nouvelle substance menace de faire disparaître tous les êtres vivants.

Avec Capitale Songe, Lucien Raphmaj signe un premier roman très ambitieux mêlant un imaginaire puissant, une écriture somptueuse et hallucinée et une réflexion acérée sur l’exploitation de notre sommeil et de nos rêves par le capitalisme.

Capitale Songe contient une réflexion fine sur l’exploitation des corps et du temps de vie par une classe dominante, ainsi que sur l’ultime frontière du capitalisme, le sommeil. Comment ce dernier tente de le fracturer, et même, ici, de le rendre impossible, pour rendre nos corps disponibles au travail et à la consommation, tandis qu’une classe de loisir se contente de jouir des rêves. Il constitue ainsi une sorte de pendant littéraire à l’essai 24/7 : Le capitalisme à l’assaut du sommeil de Jonathan Crary (La Découverte, 2014).

 

LA PRESSE EN PARLE

 

« Note de lecture : Capitale Songe (Lucien Raphmaj) », par Hugues Robert, Charybde 27 : le Blog, 30 août 2020 : La virtuosité est presque inquiétante chez cet auteur capable de nous entraîner dans une navigation haletante parmi les virus et les contagions comme parmi les hybridations généralisées, parmi les mémoires cachées dans les mémoires comme parmi les oniromancies actualisées, en utilisant jusqu’au bout un incertain devenir insectoïde comme une forme rare de métaphore supérieure et secrète, et d’encouragement souterrain à un vivant autrement inclusif.Lire plus

 

LES LIBRAIRES AUSSI

 

Librairie Le Rideau Rouge (Paris) : Avec Capital Songe, Lucien Raphmaj signe un premier roman très ambitieux mêlant un imaginaire puissant, une écriture somptueuse et hallucinée et une réflexion acérée sur l’exploitation de notre sommeil et de nos rêves par le capitalisme. Brillant !Lire plus

 

EXTRAIT

 

Nos histoires dorment mal, insomniaques, elles se retournent et cherchent la position où l’on bascule dans le sommeil. Elles respirent mal. Problème de branchies ou quoi, va savoir. Elles s’interrompent sans cesse, pensent à mille choses changeantes, inconstantes, fuyantes, reprennent, réseautent, creusent. Jusqu’où ? Jusqu’au tréfonds de Capitale S*, là où cette île artificielle rejoint l’océan. Oui, chaque instant un peu plus, la cryptonation flottante de Capitale S rejoint l’océan qui la dissout.

 

On oublie vite le bruit de cette dissolution globale. 

Car ici, qui n’a pas la tête réduite à cet immense bourdonnement, pas celui des insectes, bien sûr, nuées amies et discrètes, mais celui, fantomatique, des néons* créés par ces intelligences vampires, avides de nos rêves, assourdissant le jour et oblitérant la nuit, saturant le sommeil et la veille en une rumeur invincible, brouillant les contours et le sens de nos aventures intérieures ? Lire plus