Des îles (île des faisans 2021-2022)

OGRE N°50 – Marie Cosnay

Marie Cosnay

Des îles (îles des faisans 2021-2022)

vendredi 6 janvier 2023
Taille : 140 mm / 185 mm – 256p. – 21€
ISBN : 978-2-37756-154-4

Des îles, dont Îles des faisans 2021 – 2022 est le deuxième volume, est une série d’ouvrages, entre enquête de terrain et récit documentaire, consacrés à une histoire orale de l’exil vers l’Europe. Le 1er volume Lesbos 2020 – Canaries 2021 a été publié en 2021.

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Que fait la politique d’immigration européenne aux liens, aux familles et aux corps ? Comment permettre aux enfants arrivés sur le territoire européen de rejoindre les leurs, comment permettre aux familles des morts en exil de les pleurer et de leur choisir une sépulture ?

Les enfants et les morts nous posent les mêmes questions et révèlent les choix politiques d’une époque qui violent les droits humains les plus élémentaires. Et c’est à ces histoires de familles, à ces enfants des Canaries et à ces morts de l’île des Faisans et du Pays basque où elle réside, que Marie Cosnay consacre ce deuxième volume de Des iles.

Affrontant les cauchemars administratifs de l’Union européenne, Marie Cosnay contribue, à sa hauteur, à rendre les familles aux familles et la dignité à ceux qui ont perdu la vie dans leur tentative de libération par l’exil. C’est le récit de ces tentatives, parfois couronnées de succès – énormes à l’échelle d’une vie, minuscules à l’échelle structurelle –, que Marie Cosnay nous livre ici, au rythme fiévreux de son écriture.

PRESSE

 

« Marie Cosnay sur le brèche », par Bertrand Leclair, Le Monde des livres, le 05 janvier 2023

« Un texte profondément nécessaire »

« Marie Cosnay invente au fil des urgences un genre nouveau, à la croisée du témoignage engagé et d’une réflexion de fond sur la notion de frontière, qui parfois se joue entre la vie et la mort. »

Coup de coeur libraires

 

 

EXTRAIT

I – Qüity : « Tout ce qui est né will die »

 

Pure matière affolée de hasard, voilà, pensais-je, ce qu’est la vie. C’est là-bas sur l’île que je me suis mise à l’aphorisme, presque à poil, sans une seule de mes affaires, pas même un ordinateur, à peine un peu d’argent et des cartes de crédit que je ne pouvais pas utiliser tant qu’on serait en Argentine. Mes pensées n’étaient que choses pourries, bouts de bois, bouteilles, tas de branchages, préservatifs usagés, morceaux de quai, poupées sans têtes, le reflet de l’amas de déchets que la marée abandonne lorsqu’elle se retire après avoir beaucoup monté. Je me sentais échouée et j’ai cru avoir survécu à un naufrage. Je sais maintenant que personne ne survit à un naufrage. Ceux qui coulent meurent et ceux qui s’en sortent vivent en se noyant. 

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