Monde ouvert

OGRE N°35 – Adrien Girault

Adrien Girault

Monde ouvert

 

jeudi 17 septembre 2020
Taille : 140/185 – 160p. – 18€
ISBN : 978-2-37756-073-8

Un roman sur le déboussolement et la perte de sens.

Deux hommes dans un entrepôt isolé. Deux mercenaires ayant apparemment trouvé un sens à leur vie en adhérant à une grande cause se voient confier la garde d’un otage. Le silence de leur commanditaire et le délitement de leur engagement les poussent à quitter progressivement l’entrepôt. Que se passe-t-il quand on nous prive de notre rôle, quand nous nous retrouvons sans but dans un monde ouvert ?

Que faire de cette liberté quand on est un peu paranoïaque, et armé ? 

Monde ouvert est une fiction ludique qui vous entraîne dans les aventures beckettiennes de deux loosers magnifiques.

 

LA PRESSE EN PARLE

 

« Monde ouvert, Adrien Girault », par Michel Elis, L’Espadon, 13 octobre 2020 : Un récit de l'attente qui est une sorte de conte sans suspense, mais toujours en suspension. De ce sens qui fuit comme les personnages errent dans ces mondes de texture et de silence, cernés par des villes fantômes et des décors un peu tangibles, dont l'existence est confirmée par les cartes.Lire plus

 

LES LIBRAIRES AUSSI

 

Librairie Chez Simone (Bayonne) : Suivez l’aventure de deux mercenaires qui abandonnent la cause pour laquelle ils se battent depuis des années. Après un premier roman EXCEPTIONNEL ! Adrien Girault nous laisse explorer le monde ouvert de deux loosers magnifiques !

EXTRAIT

 

La route était mauvaise, tournoyait et, surtout, était couverte d’une fine couche de gravier. Le moteur de la Xantia surchauffait, et parfois même rugissait, indiquant sans doute un passage de rapport mal maîtrisé. La voiture atteignait péniblement les cinquante à l’heure. L’air était froid et cassant. Des restes de givre embuaient les côtés du pare‑brise. Le ciel était d’un gris presque laiteux, tirant sur le blanc. Au volant, Dale gesticulait, ses bras moulinaient dangereusement lorsqu’il négociait les virages en épingle, et, parfois, il empoignait brutalement le levier de vitesse, par exemple quand il fallait rétrograder en côte pour récupérer de la puissance. La nuit n’allait pas tarder à tomber. Pourtant c’était encore le milieu de l’après‑midi. Les phares étaient déjà allumés et éclairaient les fossés profonds, les ravins, et le museau hargneux des chiens qui jappaient. Les demeures étaient sombres et intimidantes, et les bêtes avaient l’air particulièrement agressives. Il y avait parfois une loupiote vacillante à la porte d’entrée, mais la grille des portails était systématiquement fermée. Dale roulait depuis six heures. Un seul arrêt pour pisser, en vitesse, dans la boue, et il était revenu sur son siège avec des chaussures à talons. De la terre s’était éparpillée sur le tapis. Dale se foutait complètement de la propreté, voire, il trouvait ça louche. Avant de repartir, il mit ses mains en bénitier, les porta à sa bouche et souffla, et puis les frotta avec énergie contre sa cuisse pour fluidifier le sang. Dale avait roulé presque d’une traite mais regrettait de ne pouvoir s’arrêter dans un drugstore ou une station, quelque chose qui aurait égayé l’imagination. Au lieu de ça, il terminait laborieusement le parcours, une crampe lui tirant la jambe en remontant jusqu’aux fesses. Lire plus