Menaces

OGRE N°30 – Amelia Gray

Amelia Gray

Menaces

 

Traduit par Théophile Sersiron
jeudi 22 août 2019
Taille : 140/185 – 336p. – 22€
ISBN : 978-2-37756-051-6

Depuis la mort de sa femme, David, un ex-dentiste à la dérive, ne cesse de trouver d’étranges menaces dissimulées partout dans sa maison. Pataugeant dans la confusion, David va tant bien que mal mener l’enquête pour trouver l’auteur de ces lignes, faire la lumière sur la disparition de sa femme, et gérer sa toute nouvelle vie de veuf.

Il se passe quelque chose de magique dans l’écriture de Gray. En prêtant une telle attention aux petits détails, en prenant tant de soin à décrire comme en laboratoire les objets de la perception de David, c’est comme si Gray mettait ces objets sur des autels, les mettait sous la lumière d’un projecteur. Et, ce faisant, d’insignifiants, ces objets deviennent d’un coup saturé de sens : tout ce qui entoure David semble être doté d’un sens secret que David comme le lecteur croit toujours être sur le point de saisir.

Premier roman à l’ambiance unique, à la fois étrange et inquiétante, évoquant Blue Velvet de David Lynch, Menaces est un récit aussi drôle que poignant sur le deuil et sur la difficulté à accepter la disparition d’un proche.

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Une histoire policière étrange qui alterne entre folie totale et éclairs déchirants de tendresse. – Vice

 

Amelia Gray est une tireuse d'élite, précise et mortelle. Menaces séduit le lecteur par sa sensibilité poétique et subvertit toute attente. D'ici peu, il y aura des statues de Gray dans différents coins du monde littéraire. – Emma Straub, autrice de Other People We Married

 

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La meilleure fiction doit selon moi être menacée par les ombres. Une menace peut signifier n’importe quoi – la menace que le statu quo va basculer, que quelque chose a été irrémédiablement brisé, qu’un objet d’amour ou de désir a disparu. Menaces parle bien de menaces, mais pas tellement de menaces physiques. C’est la vie, mec. – Amelia Gray

 

LA PRESSE EN PARLE

 

« Deuil pour deuil », par Claire Devarrieux, Libération, 13 septembre 2019 : On aimerait pouvoir dire à David que le cauchemar va s’arrêter. Mais on n’en sait rien.

 

« Amelia Gray : dans le labyrinthe (Menaces) », par Jean-Philippe Cazier, Diacritk, 6 septembre 2019 : S’arrêtant sur le seuil de l’enquête, Menaces demeure dans l’énigme et déploie le monde de cette énigme. La question ne disparaît pas au profit d’une recherche de réponse, au profit d’une réponse qui serait donnée, et demeure en tant que question. Menaces est le livre de cette question, de sa persistance et de ses ramifications.Lire plus

 

LES LIBRAIRES AUSSI

 

Librairie Météores (Bruxelles) : Un environnement familier et pourtant résolument étrange : c'est en instaurant une ambiance de ce type là qu'Amelia Gray traite du deuil. David perd sa femme Franny et il retrouve cette perte partout dans leur maison. Dans une série d'instantanés, de souvenirs, de confusions, le chagrin de David se transforme en quelque chose d'autre et surtout transforme le réel en une menace perpétuelle. Et on le lit avec ce doute du réel ou du fantasmé, avec cette sensation étrange de sentir que fondamentalement quelque chose ne va pas.

EXTRAIT

 

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Le scotch qui entourait le paquet était doublé de ficelle cirée. David glissa ses ongles sous le bord du ruban adhésif et essaya de tirer. Il n’avait aucune envie d’aller chercher un couteau à la cuisine, et préféra perdre du temps à examiner chaque recoin du colis pour trouver l’extrémité qu’il allait pouvoir décoller. À l’intérieur se trouvait une boîte en polystyrène, fermée elle aussi par du scotch épais. Un reçu était attaché au couvercle, indiquant des frais de crémation de 795 $, des frais d’emballage de 25 $ et des frais de livraison de 20,95 $.

Le colis faisait une cinquantaine de centimètres carrés. Il était criblé d’autocollants rouges avec un dessin de verre brisé imprimé dessus. L’adresse de retour était celle d’un funérarium de la ville. David posa le colis sur la table basse entre les magazines de cuisine de Franny et un tas de vieux journaux. Certains des mots croisés terminés dataient d’il y a plusieurs semaines, plusieurs mois peut-être. Franny avait l’habitude de lire le journal et David de remplir les mots croisés. Il emporta les journaux au sous-sol et les empila dans un coin reculé.Lire plus