Ici, la Béringie

OGRE N°41 – Jeremie Brugidou

Jeremie Brugidou

Ici, la Béringie

 

jeudi 19 août 2021
Taille : 140/185 – 208p. – 19€
ISBN : 978-2-37756-104-9

Il y a quelques milliers d’années, Sélhézé, une jeune Qui-Collecte, voit la mer envahir progressivement son environnement.

À l’aube de la guerre froide, Hushkins, un géologue américain, découvre les traces de la Béringie au milieu du chaos provoqué par les incursions américaines et soviétiques.

Dans un futur proche, Jeanne, une archéologue, cherche son frère disparu en même temps qu’elle dirige le chantier de fouilles du permafrost au sein du Beringia Park, sorte de Jurassic Park consacré à la faune du Pléistocène.

Des milliers d’années les séparent et pourtant, les destins de ces trois personnages sont intimement liés et portent en eux le secret de la Béringie.

Ici la Béringie est l’histoire de ce territoire disparu, mystérieux et sauvage, qui sommeille aujourd’hui dans les profondeurs du détroit de Béring.

Dans son premier roman, Jeremie Brugidou reprend les codes du récit d’exploration, du carnet de terrain et du roman d’aventures pour interroger les relations que nous entretenons avec le vivant à l’heure où les bouleversements climatiques nous rapprochent plus que jamais des Tchouktches, derniers habitants de cette terre fantôme qu’est la Béringie.

 

LA PRESSE EN PARLE

 

« Eloge du passage », par Sean James Rose, Livres Hebdo, juillet 2021 : Et tout l'art de ce primo-romancier, à l'écriture à la fois poétique et fluide, est de nous plonger dans les blanches étendues de la Béringie comme dans les paysages intérieurs des personnages et de nous faire entendre la respiration de la terre en nous rendant attentif aux battements de cils de ce grand corps cosmique.

 

« Jeremie Brugidou : 'Les inventions de l’imaginaire s’opposent aux inventaires de la gestion' (Ici, la Béringie) », par Jean-Philippe Cazier, Diacritik, 19 août 2021 : Un livre puissant et pluriel, porteur d’un imaginaire et de thèmes qui résonnent avec des questions fondamentales d’aujourd’hui : l’écologie, le rapport au monde, à l’animal, les catastrophes planétaires, l’invention d’imaginaires nécessaires à d’autres existences sur Terre, le capitalisme, le colonialisme…

 

« Fiction sur glace », par Thierry Detienne, Le carnet et les Instants, septembre 2021 : Jeremie Brugidou tient le récit d’une plume alerte. Il multiplie les approches, les va-et-vient dans le temps, les points de vue, estompant du même coup les repères de temps, les limites entre monde humain et animal, les enjeux d’hier et ceux de demain.

 

« Entre Alaska et Sibérie, dix mille ans d'humanité », par Alain Nicolas, L'Humanité, 22 août 2021 : Trois destins pour faire revivre un continent perdu.

 

« Viennent de paraître », par Frédérique Roussel, Libération, 4 septembre 2021 : Il est des lieux sur la carte du monde qui peuvent prendre un autre visage à l’aune du réchauffement climatique. Ici, la Béringie s’intéresse à ce fameux détroit situé entre la Sibérie orientale et l’Alaska. Son passé de terre émergée comme son histoire à venir ont inspiré à Jérémie Brugidou cet intéressant et prenant premier roman à trois temps : il y a une dizaine de milliers d’années, quand la terre s’étalait entre les deux continents ; en 1946, quand un botaniste du nom de Hushkins relevait les accointances de plantes entre les deux territoires et au milieu des années 2040, quand le réchauffement a fait fondre le permafrost.Lire plus

 

LES LIBRAIRES AUSSI

 

La Géothèque (Nantes) : Un roman fascinant sur un territoire inconnu. Mêlant passé et futur l'auteur questionne le rapport à la terre et à ceux qui la peuplent, avec poésie et rudesse, sans faire l'impasse sur les prédations économiques qui dirigent le monde, même dans un avenir proche. A savourer !Lire plus

 

EXTRAIT

 

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Malgré le ressac, le ferry manœuvre élégamment au plus proche de la grève d’Ouelen. Le sable froid reçoit mes pieds et le vent de la toundra sibérienne m’accueille. Sur la jetée, William me tend immédiatement le carnet. La couverture épaisse et gondolée est auréolée de traces de sel. Sensation mêlée de douceur et de rugosité, je passe ma paume tout autour. Impression de caresser une vieille bête aux poils cristallisés par la mer. Je ne l’ouvre pas tout de suite. William m’a contactée il y a quelques mois pour rejoindre cette mission de sauvetage archéologique et diriger les fouilles de l’« arche aux baleines ». C’était l’occasion de retrouver Naomi et d’explorer une piste plus personnelle. Le carnet avait été remis à William dans une enveloppe à mon nom par l’un des locaux engagés sur le terrain de fouilles. C’est ce qui a précipité mon départ. J’ai tout de suite su que c’était un message de mon frère, même si William m’expliquait au téléphone qu’il s’agissait visiblement d’un carnet authentique, jusque-là perdu, d’une expédition scientifique qui s’était déroulée ici il y a environ un siècle.  Lire plus