Devenir Mammouth

nouvelles domestications du vivant

 

LUCIOLES N°3 – David Jaclin

David Jaclin

Devenir Mammouth : nouvelles domestications du vivant

4 septembre 2026
Taille : 140 mm / 200 mm – 264p. – 21 €
ISBN : 978-2-37756-278-7

Par-delà la domestication, la fabrique du sauvage

 

Qu’ont en commun des restes de mammouth arrachés des terres gelées du Yukon, un tigre sous pilule contraceptive qui vit en captivité derrière les barreaux d’une jungle de garage, un pangolin sur les étals des marchés asiatiques ou encore une tortue qui entame une migration sous haute surveillance scientifique ?

Ils illustrent la manière dont notre soif de domination ne cesse de brouiller les frontières, à la fois anthropologiques et politiques, qui séparent le domestique du sauvage. À travers ces modestes histoires David Jaclin revient sur une enquête de vingt ans du côté de ceux qui, justement, ni complètement domestiques, ni tout à fait sauvages, résistent à l’assimilation.

Avec Devenir Mammouth, il déploie un bestiaire nouveau et post naturel sous forme de biographies humanimales.

 

 

Dans le pli de ces histoires humanimales, vous lirez la brouille continue de nos catégories anthropologiques et politiques censées distinguer parmi ce qui serait domestique (et sur qui nos droits humains portent) et ce qui serait encore sauvage (ceux sur qui nos droits aimeraient bien se porter).

PRESSE

 

« Gabriela Cabezón Cámara dévoile la joie d’un bidonville« , Addict Culture, le 02 juillet 2020

« Le roman est un hymne démultiplié à la tolérance, une ode à la douce et folle volonté de vivre. Gabriela Cabezón Camara dit de la littérature qu’elle est « le verger de tous ». C’est bien l’effet que donne la lecture de Pleines de grâce : la porte est grande ouverte autant aux personnages qu’aux lecteurs et lectrices. »

Coup de coeur libraires

 

La librairie du tramway (Lyon) :  « Comment est construit un roman résolument novateur ? Je pense que nous pouvons dire : « comme celui-ci ». Pleines de grâce déboussole la langue, la hiérarchie, la société. »

Jeremy Derny – Librairie L’impromptu (Paris) : « Une grande littérature qui mêle à la perfection la violence, l’humour, la réalité de toutes les misères dans des espoirs utopiques, dans un ton cru où les personnes brillent dans cette histoire incroyable qui DOIT être lue !!!

EXTRAIT

I – Qüity : « Tout ce qui est né will die »

 

Pure matière affolée de hasard, voilà, pensais-je, ce qu’est la vie. C’est là-bas sur l’île que je me suis mise à l’aphorisme, presque à poil, sans une seule de mes affaires, pas même un ordinateur, à peine un peu d’argent et des cartes de crédit que je ne pouvais pas utiliser tant qu’on serait en Argentine. Mes pensées n’étaient que choses pourries, bouts de bois, bouteilles, tas de branchages, préservatifs usagés, morceaux de quai, poupées sans têtes, le reflet de l’amas de déchets que la marée abandonne lorsqu’elle se retire après avoir beaucoup monté. Je me sentais échouée et j’ai cru avoir survécu à un naufrage. Je sais maintenant que personne ne survit à un naufrage. Ceux qui coulent meurent et ceux qui s’en sortent vivent en se noyant.